Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Clavier et style par Alpha et Oméga Nantes

Futur ou conditionnel : j’aimerai ou j’aimerais

12 Juin 2010 , Rédigé par Cath Publié dans #Grammaire et orthographe

La confusion est fréquente à la première personne du singulier, entre le futur simple (j’aimerai) et le présent du conditionnel (j’aimerais).

 

La prononciation est la même, ou presque. Il ne reste donc plus que le sens et la construction de la phrase pour trancher cette question existentielle : est-ce que je mets un s ou pas ?

 

Le conditionnel exprime des faits irréels ou possibles alors que l’indicatif correspond à une réalité.

  • Je cherche un cheval qui soit couleur de lune = Je ne sais pas si un cheval couleur de lune existe mais c’est un cheval de cette couleur que je souhaite.
  • Je cherche un cheval qui est gris = Je sais qu’il y a cheval gris dans le troupeau et je veux le trouver.

Ces faits peuvent être liés à une condition exprimée ou simplement sous-entendue :

 

La distinction est effectivement plus facile si la condition est exprimée :

  • Je t’aime, petite rivière, et je te peindrais bien jolie, si je savais peindre (Jules Renard)
    Vous noterez que le verbe au conditionnel est celui de la proposition principale (peindrais) et non celui de la subordonnée de condition (si je savais peindre est bien la condition pour réussir à faire une jolie peinture de la rivière).
  • Si j’avais de l’argent, j’achèterais une nouvelle voiture
    (celui qui dit cela est sûrement fauché comme les blés… ou veut vous le faire croire !)

Parfois la condition n’est pas exprimée clairement :

  • Je ne donnerais pas ma place pour un empire (si on me la demandait).

Une des utilisations les plus fréquentes du conditionnel est ce qu’on pourrait appeler un conditionnel de politesse.

 

On reprend l’enfant qui dit : " je veux ! " avec la phrase : C’est le roi qui dit " je veux ! " (ou encore, selon les familles : Le roi dit " nous voulons ! ").

 

Pourquoi ?

 

Tout simplement parce que je veux (ou nous voulons) c’est un indicatif qui exprime une volonté ferme, comme celle du roi, et qu’il n’y a pas à discuter. Vous noterez d’ailleurs qu’il y a un point d’exclamation. Le ton non plus n’est donc pas le même.

 

Alors que dans l’emploi du conditionnel, du je voudrais poli de l’enfant bien élevé, il y a une latitude laissée à l’autre personne pour refuser la demande.

 

De même, dans un courrier, l’emploi du conditionnel est quasi obligatoire :

Je souhaiterais vous rencontrer, je préférerais convenir d’un rendez-vous, j’aimerais parler à Monsieur le Directeur, Veuillez agréer…

 

Pour éviter toute confusion, quelques trucs :

  • Changer de personne. Alors, la différence futur/conditionnel s’entend : j’aimerais donne nous aimerions (conditionnel) alors que j’aimerai donne nous aimerons (futur).
  • Se méfier particulièrement de certains verbes, souvent employés au conditionnel comme j’aimerais, je préférerais, je souhaiterais, je voudrais, j’aurais envie, j’inclinerais, j’espérais…
  • Ecouter le ton. C’est un petit truc personnel que je vous donne pour ce qu’il vaut. Lorsque je me pose la question, j’essaie de lire la phrase en y mettant le ton : si j’affirme " je ferai cela " en tapant du poing sur la table, c’est un futur. Si j’incline la tête en prenant un ton suppliant " je ferais bien ça ", c’est un conditionnel.

Assurément, cela n’a pas sa place dans les Dicos d’Or, mais cela marche bien.

 

Autres articles :

Rédiger pour être lu 

Lettre professionnelle : une écriture exigeante, un style à trouver 

Avec le gîte et le couvert, vous resterez sur votre faim ! 

Par villes mais par intervention 

Les tics de langage  

Commenter cet article

metaphysics247 03/02/2011 19:07


Quelques principes élémentaires de navigation interstellaire:
- In Mundo non datur saltus.
Le géant Atlas est une allégorie représentant le volume de résistance opposé à la matière. Mundo représente la matière et le volume de résistance opposé à la matière.

Les anciens Latins ont laissé le strict minimum intemporel derrière eux. Or, le stade de culture hyper avancé des civilisations grecque, latine et egyptienne sous-entend un stade technologique très
supérieur au nôtre. Mais le fait de n'avoir rien trouvé induit tout le monde en erreur.

Tous les termes technologiques modernes peuvent être incorporés au latin classique comme cela se fait dans la langue thaï par exemple.

Nous sommes tous des acteurs d'une énorme pièce de théâtre qui s'est déjà jouée. Toute notre histoire future est déjà écrite. Le Latin deviendra la langue officielle de l'UE parce qu'elle est
toujours la langue officielle de l'UE et tous les termes modernes y seront incorporés.

D'autre part, l'UE comportera l'UE occidentale actuelle et L'UE orientale dont le siège sera à Istanbul.

Tout cela est déjà écrit et va se réaliser à nouveau.


Cath 03/02/2011 20:50



Un point de vue tout personnel mais toujours intéressant...


Bonne soirée.



Dominic Ledernier 22/01/2011 18:50


L'ancienne langue latine et l'ancienne langue grecque resteront des langues mortes jusqu'à ce que l'Union Européenne institue le Latin comme langue officielle de l'Union Européenne et jusqu'à ce
que la Russie institue l'ancien Grec comme langue officielle de la Fédération Russe.


Cath 03/02/2011 13:48



En dehors de la plaisanterie, je ne sais si ce serait une bonne idée. Je ne parle pas pour le Grec qui me semble totalement étranger au Russe (mais je ne suis pas linguiste) mais pour le latin.
On aurait beaucoup de mal parce que le vocabulaire ne serait tout simplement pas du tout adapté à nos besoins : les Romains ne surfaient pas sur OB avec leur portable en Wi-fi.


Ceci étant, je trouve que l'Espéranto était une initiative très intéressante et je trouve dommage que cela n'ait pas été prolongé. La première chose à faire serait de développer l'enseignement
des langues non pas dans un but scolaire ou de sélection mais pour tous et sans autre but que de communiquer.


La Chine a bien réussi à alphabétiser un pays en une génération, alors que sa langue n'est pas une sinécure. Nous avons appris les langues occidentales à des générations d'Africains ou
d'Américains du nord ou du sud. Pourquoi ne pourrions-nous pas apprendre massivement nos langues respectives à l'intérieur de l'Union ?


Mais je suppose qu'il faudrait avoir envie de le faire...


Merci de ce commentaire et bonne journée.  


 



Vosgien 16/06/2010 10:04


Ne te sous-estime pas, Cath : ce serait une erreur ! Sûr !


Vosgien 15/06/2010 14:43


Désolé d'avoir " raté " cet article ( surtout que je crois bien t'en avoir parlé ...) Effectivement l'indicatif exprime une réalité mais le futur n'est pas une réalité, il le deviendra peut-être.
Le futur simple est un temps relevant d'une condition, certains l'appellent, je crois, futur de condition ou qq chose comme ça ..... Pour l'orthographier correctement on ne peut que suivre tes
conseils !
Mais pour les enfants ou élèves plutôt ( et je parle en connaissance de cause ! ) cela paraît complétement illogique quand on leur apprend en primaire que l'indicatif est le mode du certain ! !
!
En tous cas, tu as un bel avenir en orthographe-grammaire, Cath !
Amitiés
Claude


Cath 16/06/2010 09:28



Oui, la paternité de cet article te revient de droit !


L'enseignement du français est vraiment délicat. Note que les résultats obtenus dans les autres langues vivantes en France ne sont pas bons non plus. Moi personnellement, je serais favorable à ce
que nous ayons deux langues nationales : le français et une autre langue de communication européenne qui pourrait être l'anglais ou une autre (voire l'espéranto pouquoi pas). Dans ce cas de
figure, les Anglais devraient eux aussi apprendre une autre langue. Ce serait peut-être un moyen de tous nous comprendre.


A mon sens, avant de faire l'Europe politique, il aurait été plus avisé de lancer de grandes campagnes d'apprentissage des langues pour les enfants et les adultes. Les Chinois ont bien réussi à
faire reculer l'analphabétisme. Pourquoi les Européens ne seraient-ils pas capables de créer un socle linguistique commun ? Je suis d'ailleurs un parfait exemple de la faillite de l'enseignement.
Je suis sortie du système scolaire en parlant l'allemand avec des fautes nombreuses et variées et en bargouinant l'anglais et le russe. Ma seule conviction était que je n'étais douée ni pour les
langues ni pour l'orthographe alors que maintenant, je pense que je n'étais peut-être pas si hermétique que ça.


Et aujourd'hui, il m'en reste tout juste assez pour me débrouiller. Pour 9 ans d'allemand, 5 ans de russe et 2 ans d'anglais... c'est un bien piètre résultat !


Bonne journée, Claude.



marie-claude 14/06/2010 16:57


lors de reportages, les journalistes qui doutent de la véracité d'un fait utilisent toujours le conditionnel par prévoyance !
amitié .


Cath 14/06/2010 20:44



Tout à fait. D'ailleurs, ils le font tellement facilement qu'on finit par l'entendre comme un présent...


Bonne soirée, Marie-Claude.